Historique.
J'écrivais, avant de partir, que l'échec serait de ne pas essayer. C'est aussi pour cela que je suis parti avec l'envie d'aller jusqu'au bout en me disant qu' une fois parti, l'échec serait déjà derrière moi.
C'est aussi une épreuve de parcourir près de 5000 kms à vélo en enchaînant des journées de 75 à 130 kms. Il aura fallu rouler dans 10 pays, en prenant les difficultés les unes après les autres. Il aura fallu aussi gérer les kms parcourus dans le trafic automobile parfois très intense où les camions vous doublent à toute vitesse parfois le long d'une deux fois deux voies, (pour vous donner une idée, c'est comme si vous rouliez à vélo sur la bande arrêt d'urgence deux ou trois fois moins large que nos voies express en Bretagne) . C'est des moments où nos vies sont mises en danger, avec une angoisse et un stress puissance 10. Jean et moi n'en menions pas large dans ces moments-là.
Côté paysages, nous avons été servis et pas seulement sur les bords du Danube... Je crois que chaque jour nous avions droit à notre spectacle grandeur nature.
Il y a eu aussi les routes complètement défoncées où il fallait avoir un œil sur le rétro pour ne pas faire un écart au moment où un véhicule nous double et l'autre œil sur notre route à éviter les trous, les bosses et toutes les déformations de la chaussée... Des tunnels sans luminosité où deux voitures ne se croisent qu'avec précaution, et nous, sur nos vélos, avec la peur de nous voir percutés par l'arrière.
La gestion de la casse matériel fait partie du voyage et pour nous cela c'est bien passé
Les rencontres que l'on peut faire à vélo sont souvent riches d'enseignements, un peu moins pour moi avec ma lacune sur la méconnaissance des langues.
Dans les premiers pays : France, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovaquie, Croatie, les choses étaient bien plus simples que dans les pays suivants : Hongrie, Serbie, Bulgarie, Roumanie, où il n'y a quasi aucun fléchage, très peu de campings et ceux-ci sans eau potable avec des sanitaires d'une autre époque.
La Bulgarie est, je crois, le pays le plus sinistré que j'ai traversé , la Hongrie, celui où l'alcool semblait être une des premières ventes, quant à la Serbie et la Roumanie, les pays où la différence de niveau de vie entre les campagnes et les villes sont deux extrêmes .
Cette Euro vélo 6, je la regardais comme un gamin qui regarde une vitrine de jouets. Une année avant le départ, je préparais cette aventure, et si physiquement je me suis bien préparé, pour le reste ma préparation n'était pas en phase avec ce qui m' attendait.
Arrivé au terme de ce périple, les émotions étaient très fortes.
Arriver au bout d'un tel voyage, n'est pas rien pour moi... Je vais devoir attendre quelques temps avant de retrouver un quotidien qui n'était plus le mien depuis près de deux mois.
Après avoir lu de nombreux récits de voyageurs au long cours, je donne encore plus de valeurs aux ouvrages.
Les rayons de la liberté (Jacques Sirat).
Les tribulations d'un pédaleur errant (Serge Leret).
On a roulé sur la terre ( Alexandre Poussin et Sylvain Tesson).
Je suis reconnaissant et redevable de l'accueil qui nous a été fait par Nicolae, Émil, et Béatrice les Roumains qui nous ont logés durant quatre nuits nous permettant de nous reposer quelque temps avant notre retour en France.
Merci du fond du cœur à tous les trois et j'ai espoir de vous revoir en France pour vous rendre cette aimable hospitalité.
Merci aussi à vous tous d'avoir suivi nos péripéties sur mon blog ou sur la page de Fanch et Anna, (ouverte par Jean Marie qui racontaient nos aventures avec humour et dérision) : un véritable plaisir de la lire chaque soir !
Guy.